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France Soir, 22 août 2011

Ajouté le, dimanche, 04 septembre 2011 15:28

"Agent de joueur : "Il faut faire le ménage dans ce métier !"", interview de Maître Jean-Jacques BERTRAND parue dans France Soir le 22 août 2011

 

 

France Soir 22.08.2011

Avocat aux barreaux de Paris et d’Arizona (Etats-Unis), ex-juge au Tribunal arbitral du sport, Jean-Jacques Bertrand fait également office d’agent de joueurs.
France-soir. Comment décririez-vous le monde des agents ?

Jean-Jacques Bertrand. C’est la guerre. Les agents n’ont de cesse de se piquer les joueurs. Ils ont des réseaux avec des intermédiaires qui rôdent dans les clubs. Ils essayent d’exercer une influence sur le joueur qui – parce qu’il a 20-22 ans et beaucoup d’argent – est complètement perdu et forcément vulnérable.

France-soir. On diabolise les agents, mais les joueurs n’ont-ils pas leur part de responsabilité ?

Jean-Jacques Bertrand. C’est sûr. Lorsqu’ils signent des conventions avec des agents, les footballeurs doivent les respecter. Au lieu de cela, certains signent n’importe quoi et s’engagent avec plusieurs agents…

F.-S. Quel est le principal travers de la profession ?

J.-J. B. Les agents se prêtent trop au rôle de nounou. On n’est pas là pour aller acheter les couches-culottes du bébé ou, à 3 heures du matin, se faire déranger parce que le footballeur sort de boîte de nuit, qu’il a oublié ses clés et qu’il ne sait pas comment rentrer chez lui. Quand l’agent joue ce rôle, il dévalorise sa profession.

F.-S. Cet été, l’agent Jean-Pierre Bernès a placé deux joueurs de l’équipe de France au PSG. Le sélectionneur Laurent Blanc a lui-même Bernès pour agent. N’y a-t-il pas un conflit d’intérêt ?

J.-J. B. Non, parce qu’Antoine Kombouaré, l’entraîneur du PSG, n’est pas un client de Bernès. Et puis, je connais bien Laurent Blanc, je pense qu’il a beaucoup d’éthique. Maintenant, quand vous êtes un joueur et que vous avez affaire à Bernès, vous savez qu’il est aussi l’agent de Deschamps, l’entraîneur de l’OM, et de Blanc, donc vous vous dites « Si je vais avec lui, j’ai peut-être une chance supplémentaire d’intégrer tel club ou l’équipe de France », même sans qu’il ne vous ait rien promis.

F.-S. Comment évitez les dérapages ?

J.-J. B. Il faut faire le ménage dans ce métier ! Parce qu’il n’y avait pas de loi, certains agents en ont profité pour commettre des infractions. Cette profession aux contours juridiques flous a prêté le flanc à la critique. Une remise en cause redonnerait un peu de crédibilité à cette fonction.

F.-S. Pourquoi est-ce si compliqué à mettre en œuvre ?

J.-J. B. Je pense qu’en France, personne ne veut une réglementation trop stricte. Les clubs, les joueurs et les agents, tous y trouvent leur compte. Sinon, pourquoi ne pas appliquer la réglementation britannique ? Là-bas, tous les circuits financiers sont contrôlés par la fédération anglaise qui se fait payer par les clubs et qui reverse ensuite aux agents. Ça ne rigole pas du tout.

Propos recueillis par S. D. et M. S.

Retrouvez l'article en ligne sur le site de France Soir

 

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