Les autorités sportives s'organisent pour sanctionner le cyberharcèlement sur les réseaux sociaux

Scpa BERTRAND
24.03.21 13:20 Commentaire(s)

Le cyberharcèlement touche tous les milieux, y compris le monde sportif. Face à ce « climat de haine », la Ligue de Football Professionnel a décidé d’agir. L’association française de lutte contre le cyberharcèlement a quant à elle préconisé que les réseaux filtrent les messages en fonction de mots clés établis par les fédérations sportives.

Définition du cyberharcèlement 

Selon le site du Ministère chargé des Sports, le harcèlement est « un comportement qui se caractérise par une pression, sanctionnée par la loi, exercée par un individu ou groupe d’individus sur autrui, se traduisant par un comportement insistant et/ou des propos malveillants le plus souvent répétés. Cette situation place ainsi la personne qui en est victime dans une position d’infériorité vis-à-vis du ou des auteurs, tout en ayant une perception dégradée d’elle-même ». Celui-ci peut avoir un caractère moral ou sexuel.

Lorsqu’il se pratique via les téléphones portables, messageries instantanées, forums, chats, jeux en lignes, courriers électroniques ou encore via les réseaux sociaux, il s’agit de cyberharcèlement. Les propos malveillants peuvent prendre la forme de commentaires d’internautes, de vidéos, de montages d’images ou encore de messages sur des forums.  Bien que la violence soit virtuelle, celle-ci est tout aussi porteuse de conséquences néfastes pour la victime autant d’un point de vue physique que moral. Tant des joueurs que des entraineurs, arbitres ou dirigeants de club témoignent des propos injurieux, pouvant aller jusqu’aux menaces de mort, qu’ils ont reçus. A tel point qu’à chaque match, une fois qu’ils rallument leur téléphone portable, ils s’attendent à recevoir des attaques.

Devant la gravité de la situation, la Ligue de Football Professionnel a décidé de dénoncer le « climat de haine » entourant les matches des championnats de Ligue 1 et Ligue 2. Elle a alors multiplié ces derniers jours les réunions de travail avec les responsables de différents réseaux sociaux afin de mieux lutter contre la violence diffusée sur la toile.

Mais le cyberharcèlement ne s’arrête pas au football. Etant souvent lié aux paris sportifs, il touche d’autres sports, et notamment le tennis, un des sports préférés des parieurs, après le football. Or, le  tennis présente le désavantage d’être un sport individuel où le nom du joueur est directement exposé. Les joueurs sont donc directement tenus responsables du résultat. Certains d’entre eux, à l’instar d’Andy Murray, font alors le choix radical de se retirer des réseaux sociaux.

Face à ce déferlement de haine et ce flot continu d’insultes et de menaces, une des solutions proposée par l’Association française de lutte contre le cyberharcèlement est d’établir des mots clés qui permettraient aux réseaux sociaux de faire barrage. Justine Altan, la Présidente de l’association, considère alors qu'il faut travailler avec les professionnels du secteur et notamment les fédérations sportives car ils connaissent le type de discrimination touchant les sportifs en fonction de leur discipline et sur les mots clés sur lesquels il faut travailler. Cela permettra alors d’affiner la modération et de faire en sorte qu’il y ait un filtre.

Le cyberharcèlement est un délit pénal 

Pour rappel, le harcèlement tel qu’il soit, est un délit pénal, sanctionné y compris lorsqu’ils est  commis dans le champ du sport.

Le harcèlement, qu’il soit moral (article 222-33-2 du Code pénal) ou sexuel (article 222-33 du Code pénal) est un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Le cyber-harcèlement est assimilé à une forme aggravée de harcèlement moral et est puni par la loi (article 222-33-2-2 4° du Code pénal). En cas de circonstances aggravantes, il s’agit d’un délit pouvant être puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Il  est puni que les échanges soient publics (sur un forum par exemple) ou privés (entre “amis” sur un réseau social).

Si vous êtes victime ou connaissez une victime de harcèlement, vous pouvez contacter les organismes suivants :

Victimes majeures
Victimes mineures

Voir les bulletins d'information du Ministère chargé des sports